Toni Morrison (1931) / Le Majordome § esclavage

Toni Morrison (1931)

Romancière et éditrice américaine, huitième femme et première noire à avoir reçu le prix Nobel de littérature (1993) pour l’ensemble de son oeuvre.

Née dans une famille ouvrière, Chloé Wofford, de son vrai nom, s’intéresse très tôt à la littérature. En fin d’étude à l’université de Howard(réservée aux noirs), elle soutient une thèse sur le thème du suicide dans les oeuvres de Faulkner et Woolf. Puis elle entame une carrière de professeur et épouse Howard Morrison avec lequel elle a deux enfants. Dès 1964, elle est éditrice chargée du domaine de la littérature noire et publie des autobiographies (Angela Davies…) et une anthologie d’écrivains noirs The Black Book en 1973. Elle enseigne aussi à l’université de Princeton. Son premier roman est sorti en 1970.

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Home extrait : « Puisque vous tenez absolument à raconter mon histoire, quoi que vous pensiez et quoi que vous écriviez, sachez ceci : je l’ai vraiment oublié, l’enterrement. Je ne me souvenais que des chevaux. Ils étaient tellement beaux. Tellement brutaux. Et ils se sont dressés comme des hommes. »

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Un lien vers une analyse de Beloved : http://home.scarlet.be/frederic.staes3/beloved.htm

De The Bluest Eye (1970), en passant par Beloved paru en 1987 (prix Pulitzer), jusqu’à Home en 2012, Toni Morrison tente de recomposer la mémoire des noirs américains depuis le début du XXe siècle. Ses romans parlent de l’esclavage, de l’amour et de la folie que cela peut engendrer. Elle relate la quête d’identité de ces hommes et femmes dont le passé fut d’appartenir à quelqu’un, d’avoir vu ses parents brimés, torturés et ses enfants vendus. Elle utilise différents langages passant du littéraire classique à des expressions plus crues qui humanisent ses personnages. Les types de phrases, variés, créatifs, dynamisent le récit poétique, réaliste, mais aussi fantastique. Il peut arriver au lecteur de se sentir perdu dans la chronologie des faits, car le ressenti des personnages passe par le souvenir du passé. La puissance d’évocation des textes de Toni Morrison laisse une empreinte indélébile.

Sur ce thème, au cinéma : Le Majordome.

Un film sorti en 2013 retrace librement la vie d’Eugene Allen, un majordome ayant servi trente ans à la Maison Blanche. De son enfance dans les plantations de coton jusqu’à l’élection de Barack Obama, ce film réalisé par Lee Daniels avec Forest Whitaker, opère une rétrospective sociologique et politique de l’Amérique depuis les années vingt. Le combat des noirs pour les droits civiques y est condensé en deux heures: un peu court pour approfondir le sujet, assez long pour nous remémorer la lente maturation qu’il a fallu aux consciences pour accepter ce qui nous semble évident aujourd’hui, mettre un terme à la ségrégation raciale.

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 L’esclavage est la condition d’un individu privé de sa liberté, qui devient la propriété, exploitable et négociable comme un bien matériel, d’une autre personne.

Le tabac, puis le riz et le coton étaient à l’origine de l’importation grandissante des esclaves venus d’Afrique. Indépendants en 1783, dotés depuis 1787 d’une constitution démocratique affirmant bien haut l’égalité et la liberté des hommes, les Etats-Unis n’aboliront pourtant l’esclavage qu’en 1865, trente ans après l’Angleterre. Cette abolition s’est réalisée au terme d’une guerre civile atroce, la guerre de Sécession, qui a fait près d’un million de morts, ruiné le Sud et marqué jusqu’à nos jours la mentalité des Américains. Le nombre des Noirs, quasiment tous esclaves, était alors de l’ordre de 45 millions.

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http://www.esclavagemoderne.org/

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De nos jours, il existe plusieurs formes d’esclavage:

  • le travail forcé, sous la menace de sévices corporels ou psychologiques ;
  • une relation de propriété ou de quasi-propriété d’un esclave par un « employeur », où l’esclave est maintenu dans cette relation de dépendance par des sévices, ou menaces de sévices, corporels ou psychologiques ;
  • une déshumanisation de l’esclave qui n’est plus traité comme un être humain, mais comme une marchandise, et acheté ou vendu comme tel (ici l’esclavage moderne apparaît en fait comme la version contemporaine de l’esclavage classique) ;
  • des entraves physiques ou une liberté de mouvement restreinte.
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