Jee Young Lee (1983) / Clarissa Pinkola Estès (1945) § storytelling

Lee JeeYoung

Resurrection

Toutes les photos sont créditées Jee Young Lee avec l’aimable autorisation d’OPIOM Gallery

Quoi de plus intime que notre chambre? Un espace personnel qui définit nos goûts, notre style de vie, notre état d’esprit. Une métaphore de notre état psychologique. Jee Young Lee offre l’espace de sa chambre, de son esprit. Elle nous invite, par la photographie, à entrer dans son univers onirique. Son art est sa manière de réfléchir à sa condition, à la société, à ses espoirs et ses craintes.

Nightscape_120x96cm_Inkjet print_2012Nightscape

Depuis 2007, dans son studio de Séoul, elle transcrit dans son langage artistique, légendes, enfance, rêves, expériences personnelles.

A la source, une idée. Puis des semaines de travail passionné. Une intense méditation sur ses conflits intérieurs. La recherche minutieuse du matériel imaginé, sa fabrication. Et la scène prend vie. Permettant une issue au questionnement, aux frustrations et répressions de la société.  La pièce a toujours la même dimension  (360x600x240cm). Les éléments du décor sont entièrement fabriqués par l’artiste. Elle-même est présente dans chaque tableau, jamais frontalement. Seule retouche numérique admise : effacer les fils de pêche qui retiennent les pièces suspendues.

my chemical romance_144x190cm_Inkjet print_2013My Chemical Romance

  Ces canalisations qui grouillent évoquent les multiples voies que peuvent prendre les relations humaines.  La communication étant source d’incompréhension, de déception ou de conflit pour l’artiste, elle les peint en jaune et noir, des couleurs d’avertissement, signalant le danger. A remarquer, le chien noir…

I'll be back_120x96cm_Inkjet print_2010I’ll be back (photo : 96×120 cm)

La source de cette oeuvre découle de proverbes et légendes coréens. Le tigre affamé avait pris en chasse un jeune garçon. Celui-ci se jeta dans un puits suivi par le tigre. Un dieu compatissant sauva l’enfant en lui offrant une corde pour se hisser. Le tigre, lui, en reçu une moisie et périt. Les éventails symbolisent l’espoir et la main tendue, la résilience et la volonté de survie.

« My work, in essence, records my concerns and process of growing up. It narrates and dramatizes my life story. » J.Y.L.

Jee Young Lee est sculptrice, performeuse, designer, peintre, photographe.

Du 7 février au 7 mars 2014, première exposition européenne:

STAGE OF MIND : SCENES D’ESPRIT

OPIOM Gallery
11 Chemin du Village , 06220 Opio, France
+33 (0)33 4 93 09 00 00 |
info@opiomgallery.com |
opiomgallery.com

gamer_120x96cm_Inkjet print_2011Gamer (2011)

De par son travail de recherche d’identité au travers de la création artistique, Jee Young Lee nous raconte des histoires, son histoire, en images.  L’ouvrage de Clarissa Pinkola Estès met en lumière l’importante fonction des mythes et légendes dans la construction de soi. Ecouter des histoires est une activité ancestrale qui contribue à divulguer des expériences, des enseignements.

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Clarissa Pinkola Estès  est conteuse et psychanalyste. Ses écrits mettent en évidence le processus de connaissance de soi nécessaire au développement et à l’autonomie de toutes les femmes. Le livre ci-dessus, publié en 1992, explore les archétypes féminins. Voir le site de Nadia Bourgeois qui en parle avec ferveur : clicker ici

Quatrième de couverture :« Chaque femme porte en elle une force naturelle riche de dons créateurs, de bons instincts et d’un savoir immémorial. Chaque femme a en elle la Femme Sauvage. Mais la Femme Sauvage, comme la nature sauvage, comme l’animal sauvage, est victime de la civilisation. La société, la culture la traquent, la capturent, la musellent, afin qu’elle entre dans le moule réducteur des rôles qui lui sont assignés et ne puisse entendre la voix généreuse issue de son âme profonde. Pourtant, si éloignées que nous soyons de la Femme Sauvage, notre nature instinctuelle, nous sentons sa présence. Nous la rencontrons dans nos rêves, dans notre psyché. Nous entendons son appel. C’est à nous d’y répondre, de retourner vers elle dont nous avons, au fond de nous-mêmes, tant envie et tant besoin. »

Aujourd’hui, quelles sont les histoires qui nous traversent? Celles que l’on nous raconte au journal télévisé ou dans les séries américaines? Celles, prosaïques, des célébrités du moment? La publicité? Qui nous narre les mythes fondateurs de notre société?

Le rôle  des artistes à ce sujet est primordial. Ce sont eux qui ont la capacité et l’authenticité de nous faire partager le merveilleux et l’intime.

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Ecouter des histoires est tellement ancré en nous qu’un outil de communication appelée storytelling est apparu pour capter l’intérêt et convaincre. Les grandes marques et les hommes politiques en font usage. Indispensable à cette technique, la possible identification aux personnages, le message à faire passer, l’authenticité apparente, l’émotion dégagée… Pour la manipulation qui peut en découler, la méfiance est de rigueur.

storytelling-e1358283063774La tendance du storytelling est apparue dans les années 80 aux Etats-Unis, les année Reagan, lorsque l’on s’est rendu compte que les arguments raisonnés et les statistiques ne marchait pas aussi bien qu’une bonne histoire face à la population. A ce sujet l’excellent article de Christian Salmon du Monde diplomatique :

http://www.monde-diplomatique.fr/2006/11/SALMON/14124

ainsi que son livre:

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5 réponses à “Jee Young Lee (1983) / Clarissa Pinkola Estès (1945) § storytelling

  1. Une oeuvre picturale qui ne saurait laisser indifférente tant elle est magnifique et magique…
    J’adhère complètement à la citation sur « la femme sauvage ». Nous ne seront réélement des hommes libres que quand nos compagnes auront réussi leur affranchissement des codes, des pesanteurs historiques, sociales et psychologiques…Leur libération ne nous retranche rien, elle nous débarasse aussi de nos chaînes…

  2. Incroyable Culturieuse ! Je me réjouis chaque jour d’avoir découvert ton blog ! Merci pour cet article sur Jee Young Lee. Elle incarne elle ausi « la criatura » qu’évoque si souvent Clarissa et je suis convaincue que tu en fais partie. Merci pour le lien vers mon blog et surtout, je suis soufflée parce que tu termines ton billet par storytelling de Chriistian Salmon et je l’ai emprunté pas plus tard que samedi matin à la médiathèque  » La machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits » Comme quoi, il n’y a pas de hasard.
    Cela reviendrait presque à revisiter les contes et la littérature pour en donner une interprétation propice à l’épanouissement du capitalisme.
    Une sorte de femmes qui se font manger par les loups !  » 😉

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