Philippe Ramette (1961) / René Magritte (1898-1967) § Pensée contemplative

DSCN6690Artiste plasticien français

Installations et sculptures sont la base du travail de Philippe Ramette, la photographie, pour lui, n’en est pas l’essentiel. Ce sont pourtant les photos de ses oeuvres (prises le plus souvent par Marc Domage) que l’on connait le mieux. Réalisées sans trucage, à l’aide de prothèses-sculptures, elles impressionnent par la tension qu’elles dégagent

philipperamette04Contemplation irrationnelle, 2003

Philippe Ramette met en scène son propre corps dans des dispositifs qui relèveraient plus de la pensée, mais que lui expérimente physiquement. Ses titres sont choisis avec grand soin : Objet à se voir regarder(1990), Potence préventive pour dictateur potentiel(1993), Point de vue individuel portable(1995), etc. Il se considère comme artiste-sculpteur, la photo permettant d’attester l’utilisation de ses créations d’objets.

philippe_ramette-5Prothèse (inversion 1), 2003 et Prothèse (ascension), 2003

g_CRAC11Ramette04g_CS11ramette01  La Traversée Du Miroir, 2007

1264ramette21Inversion de pesanteur, 2003

« Ma démarche est une attitude contemplative. L’idée forte consiste à représenter un personnage qui porte un regard décalé sur le monde, sur la vie quotidienne. Dans mes photos je ne vois pas d’attirance pour le vide, mais la possibilité d’acquérir un nouveau point de vue. »
Philippe Ramette

pra02_26Lévitation rationnelle, 2002

Le projet de 2006 Explorations rationnelles des fonds sous-marins est un ensemble de photographies qui présentent l’artiste évoluant sous l’eau comme s’il ne ressentait aucune contrainte.

Xip-Ramette-04GXip-Ramette-03GExploration rationnelle des fonds sous-marins : le contact, 2006

Les travaux de Philippe Ramette sont exposés à la galerie Xippas, 12 rue Vieille du Temple, Paris

Les photos sont créditées Philippe Ramette

http://xippas.com/fr/i/artiste/philippe_ramette

Entre équilibre et déséquilibre, ascension et chute, l’univers que partage Philippe Ramette intrigue, remet en cause les lois de la physique et de la gravité, propose une vision teintée d’humour et de burlesque, tout en interrogeant sur les questions existentielles de l’humanité.  L’impression de légèreté que nous insufflent ces oeuvres est toute imaginaire puisqu’en réalité une lourde technique lui est nécessaire pour arriver à ce résultat. Technique que, par ailleurs, il n’hésite pas à dévoiler.

« Cadrer ou regarder différemment c’est faire le pari d’expérimenter le monde. J’aime confondre le rationnel et l’irrationnel, faire coïncider l’un dans l’autre. »P.R.

wolleh_magritteRené Magritte, peintre surréaliste belge

Magritte, fils de tailleur et de modiste (!), prend son premier cours de peinture à l’âge de 12 ans. Il perd sa mère, qui se suicide, un an plus tard. A l’adolescence, il se passionne pour les films de Fantomas et les romans de Edgar Allan Poe ou Maurice Leblanc (Arsène Lupin). Entre 18 et 20 ans, il fréquente l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles, puis travaille dans l’atelier de Pierre-Louis Flouquet (peintre et poète). Il épouse Georgette en 1922 (rencontrée en 1913). Deux ans plus tard, il éprouve une forte émotion devant le « chant d’amour » de Chirico : « Mes yeux ont vu la pensée pour la première fois ».

chirico-le-chant-d-amour-1914-moma-ny-1Giorgio de Chirico, le chant d’amour, 1914

rene-magritte-jockeyRené Magritte, le jockey perdu, 1926

La toile ci-dessus est considérée comme une de ses premières toiles surréaliste. Sa première grande exposition a lieu en 1928. Magritte passe ensuite trois ans en France où il participe aux activités du groupe surréaliste, tout en restant indépendant: pour lui, l’art n’a pas besoin d’interprétation, plutôt de commentaires. Ses travaux alimentaires pour la publicité lui permettent de subvenir à ses besoins. Il ne fait preuve d’aucune excentricité dans sa vie personnelle.

300px-MagrittePipeLa trahison des images, 1929

Magritte s’interroge sur la nature de la peinture et l’action de la pensée du peintre sur l’image qu’il donne à voir. Quarante-deux tableaux seront peints avec des mots. « Je veille, dans la mesure du possible, à ne faire que des peintures qui suscitent le mystère avec la précision et l’enchantement nécessaire à la vie des idées », déclara-t-il. Il représente des images mentales  et décrit des idées avec les objets du monde réel.

Magritte-ClairvoyanceLa clairvoyance, 1936

magritte3125

Golconde, 1953

Les titres des oeuvres de Magritte, à l’inverse de Philippe Ramette, ne sont pas pour lui des explications du tableau et le tableau n’en est pas une illustration. Ils sont trouvés par son groupe d’amis surréalistes.

Ce personnage imperturbable coiffé d’un chapeau melon traverse l’oeuvre de Magritte, comme l’homme en costume de Ramette. Ces autoportraits sont devenus quasiment mythologique dans l’oeuvre de Magritte.

« Le propre de ces personnages est de m’apparaître vêtus de noir – sans doute sont-ils en habit (…) »  André Breton, L’amour Fou.

« Il semble évident que l’évocation précise et charmante du mystère consiste en des images de choses familières réunies ou transformées de telle sorte que cesse leur accord avec nos idées naïves ou savantes ». R.M.

1963_Magritte_La_Reconnaissance_infinie_81x100_cmRené Magritte, La reconnaissance infinie, 1963

http://www.magritte.be

vertige-terrasse-ramettePhilippe Ramette, Contemplation irrationnelle, 2003

Philippe Ramette déclare que sa démarche est contemplative. Pour René Magritte, l’art de peindre est un art de penser.

Une pensée mène à une autre, par association d’idées.

La pensée devient contemplation quand elle est sans discrimination, sans jugement, sans volonté, sans concept.

Au contraire de la pensée analytique, la pensée contemplative est passive. Un obstacle à l’évolution de la contemplation est de présumer que l‘on sait déjà, ce qui est une position de l’égo qui crée une barrière à la découverte d’autre chose. Donc  tout présupposé est à éliminer.

Un lien sur la pensée contemplative :

http://www.consult-iidc.com/francais/formation/contemplation.htm

meditating-by-the-lake

Advertisements

2 réponses à “Philippe Ramette (1961) / René Magritte (1898-1967) § Pensée contemplative

  1. Pingback: Dries Verhoeven (1976) § Exclusion sociale | CultURIEUSE·

  2. Pingback: Cy Twombly (1928-2011) § réminiscences | CultURIEUSE·

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s