Thomas Hirschhorn (1957) § Egalité

Thomas Hirschorn (1957)

Thomas Hirschhorn est un artiste plasticien né à Berne en Suisse. Il se forme à l’école des arts décoratifs de Zurich jusqu’en 1983, puis s’installe à Paris. Sa première exposition individuelle a lieu en 1986.

 

Exposition de 2010 en Belgique « Too too-much much », les canettes deviennent par leur profusion, l’image d’une consommation de masse envahissante.

Il travaille avec des matériaux simples et « pauvres », utilisés dans  la vie courante, tels que cartons d’emballage, papier d’aluminium, vieux journaux, scotch renforcé, etc. Il y mêle ses propres phrases à celles des philosophes. Pour lui, l’oeuvre ne doit pas répondre à des critères de qualité, mais d’énergie. La durée limitée, la précarité de ces éléments de construction est nécessaire pour ne pas intimider, pour rester dans le connu du visiteur, mais aussi pour confronter, amener à une réflexion.

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Thomas Hirschhorn, « cavemanman » (l’homme des cavernes), 2002, Bois, carton, ruban adhésif, papier aluminium, livres, posters, vidéos, mannequins, boites de conserve, peinture spray (1 man= 1 man) et appliques de lumière fluorescente

C’est quelque chose de très beau chez l’être humain, cette possibilité de se trouver en confrontation avec ce qu’il ne comprend pas. La philosophie, tout comme l’art, peuvent précisément offrir cela.
C’est quelque chose de très beau chez l’être humain, cette possibilité de se trouver en confrontation avec ce qu’il ne comprend pas. La philosophie, tout comme l’art, peuvent précisément offrir cela.

Pour avoir pénétré dans cette grotte, je peux témoigner de son impact : des chambres reliées par des couloirs, de ce beige industriel et en même temps viscéral, donnent l’impression étrange de se trouver à l’intérieur d’un ventre ou d’un cerveau rempli d’idées livresques et d’images inhumaines…ou trop humaines. Thomas Hirschhorn fait de l’art de façon politique, mais il dit ne pas être un artiste politique. Il exprime un combat pour plus de justice et d’égalité, plus d’humanité, plus de pensée. L’histoire de l’art, la littérature, la philosophie sont présentes dans ses créations.

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Thomas Hirschhorn, Foucault Map, 2004 Courtesy Stephen Friedman Gallery, London

Un hommage au philosophe, mais surtout un hommage à la pensée. Hirschhorn ne cherche pas à convaincre, mais veut créer un évènement qui active la pensée personnelle de chacun. Un art ouvert qui veut impliquer le spectateur.

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Thomas Hirschhorn, The Map of Friendship between Art and Philosophy, 2007 Courtesy Stephen Friedman Gallery, London — Stephen White

Le travail ci-dessus a été fait en collaboration avec le philosophe Marcus Steinweg, un travail sur les dix termes sur lesquels le philosophe et l’artiste  sont en accord.

« Ce qui est beau pour moi est la capacité de l’être humain à réfléchir, penser, pouvoir faire travailler son cerveau. Penser ne produit pas de la « beauté » mais l’activité de la pensée est belle. Je veux montrer cela. Je veux lutter contre la réaction, le style, la mode. Je veux lutter pour ne pas laisser ce qui est beau à l’industrie du luxe, de la mode ou de la cosmétique. » Thomas Hirschhorn

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La bibliothèque du Musée précaire

Entre 2002 et 2004, invité par les Laboratoires d’Aubervilliers ( clicker ici )Thomas Hirschhorn installe le Musée Précaire d’Albinet, un projet qui implique les habitants du quartier. Sa construction, réalisée avec eux, incluait une salle d’exposition, une bibliothèque, un atelier de travail et une buvette, dans un espace vert investi pour l’occasion. Au total, 20 oeuvres originales prêtées par le Musée National d’Art Moderne (Centre Pompidou) et 10 multiples prêtés par le Fonds National d’Art Contemporain ont été exposés, à l’occasion des 8 expositions successives consacrées à Kasimir Malevitch, Salvador Dali, Le Corbusier, Piet Mondrian, Fernand Léger, Marcel Duchamp, Joseph Beuys et Andy Warhol. 

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Semaine Beuys

 

« Je suis un artiste, je ne suis pas un travailleur social. Le « Musée Précaire Albinet » est une œuvre d’art, ce n’est pas un projet socioculturel. Le « Musée Précaire Albinet » est une affirmation. Cette affirmation est que seul l’art en tant qu’art peut obtenir une vraie importance et avoir un sens politique. Cette affirmation est aussi que l’art peut des choses seulement parce qu’il s’agit de l’art. Seul l’art n’exclut pas l’autre. Seule l’œuvre d’art possède la capacité universelle d’engager un dialogue d’un à un. Du spectateur à l’œuvre et de l’œuvre au spectateur. C’est pour cela que j’insiste sur le fait que le « Musée Précaire Albinet » est un projet artistique. Toute autre interprétation du « Musée Précaire Albinet » est un malentendu ou une facilité. Car il ne s’agit pas de réduire l’art à un champ socio-politique et il ne s’agit pas de restreindre la mission de l’art à une mission d’animation culturelle. »

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Jusqu’au 23 juin 2014 au Palais de Tokyo à Paris, Thomas Hirschhorn réactive un protocole intitulé « Présence et Production » avec l’exposition Flamme éternelle (sculpture dédiée à la pensée) : un espace d’accueil d’intellectuels qui interviennent librement dans un lieu créé par l’artiste, ouvert, gratuit et accessible à tous. DONNER FORME à l’amitié entre art, littérature, poésie, philosophie.

L’équité, c’est l’idée de l’égalité « juste ».

Ce qui est juste, c’est que tout le monde ait les mêmes « chances » dans la vie, pas que tout le monde arrive au même résultat.

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Article repris du site de l’Observatoire des inégalités  :

http://www.inegalites.fr/spip.php?article65

  • Il faut que chacun soit placé sur la même ligne de départ. Si certains partent avec de l’avance, le jeu n’est pas équitable.
  • Pendant « l’effort », il faut aussi que chacun dispose des mêmes atouts. La compétition ne doit pas être biaisée.
  • On peut accepter le principe de l’équité, mais alors nous ne sommes pas avancés pour ce qui est de l’ampleur des inégalités « justes ». Combien d’années de Smic un PDG peut-il gagner avant que cela devienne « injuste », dix ans, un siècle, un millénaire ? Est-il « équitable » qu’une personne qui aide des personnes âgées toute la journée touche dix fois moins qu’un cadre d’entreprise ?
  • L’effort individuel est rarement mesurable : la plupart des rétributions récompensent des efforts réalisés par une communauté (une équipe de travail, un groupe, etc.).
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Thomas Hirschhorn, Equality Float (détail), 2008

Pour en savoir plus sur l’oeuvre ci-dessus : clicker ici

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3 réponses à “Thomas Hirschhorn (1957) § Egalité

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