Mona Hatoum (1952) / Yael Bartana (1970) § Conflit Israélo-Palestinien

0032Mona Hatoum est une artiste plasticienne contemporaine (photos, vidéos, performances corporelles, œuvres sur papier, sculptures, installations cinétiques ou monumentales…) née à Beyrouth au Liban.  D’origine palestinienne, ses parents s’y sont installés en 1948 suite aux pressions israéliennes.

Son exil et l’éloignement d’avec sa famille, l’oppression sont des thèmes récurrents  de son travail, ainsi que la vulnérabilité et la souffrance du corps humain face à la violence. Arrivée à Londres en 1975 pour ce qui devait être un court séjour, elle ne peut plus rentrer au Liban en guerre. Elle étudie dans deux écoles d’art jusqu’en 1981, puis travaille tout d’abord sur des vidéos et des performances.

Under siege (1982) : Mona Hatoum s’impose 7 heures enfermée nue dans une cabine de verre remplie de boue liquide et glissante où elle lutte pour tenir debout. Un témoignage des souffrances endurées par le peuple palestinien qui tentent de survivre à un constant état de siège. C’est aussi pour elle une tentative de reconnexion avec son propre passé.

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Mona Hatoum, « Under siege »

Elle a l’occasion de retourner en Palestine pour une exposition en 1996. Elle découvre alors Jérusalem. A cette occasion, elle prend conscience de la perte des territoires palestiniens et compose une carte des accords israélo-palestiniens d’Oslo (1993) sur des savons de Naplouse.

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Mona Hatoum, « Carte sur savons »

Avec « Socle du monde », elle offre un hommage à Piero Manzoni (auteur d’une oeuvre du même nom en hommage à Galilée), suggérant le retour à des idées anachroniques et des croyances aveugles.

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Mona Hatoum, « Socle du monde », 1993

« Corps étranger » (1994) : cette installation montre une endoscopie du corps de l’artiste projetée sur le sol sur un mètre de diamètre. Elle se trouve à l’intérieur d’un pavillon sonorisé symbolisant le corps. Ces images dérangeantes sont une sorte d’autoportrait de l’artiste rendue vulnérable sous le regard médical. Lorsque nous entrons dans ce cylindre, au bord de cet abîme de l’intérieur d’un corps, nous devenons nous-même un corps étranger face à ce territoire inconnu qui, pourtant, est aussi le nôtre. « I wanted the work to be about the body probed, invaded, violated, deconstructed, by the scientific eye. » MH

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Mona Hatoum, « Corps étranger », 1994, Centre Pompidou Paris

Mona Hatoum se consacre ensuite à des objets sculptures, comme par exemple des agrandissements monumentaux d’ustensiles de cuisine qui semblent devenir des outils de torture. Son utilisation d’objets usuels contribue à évoquer des émotions entre angoisse et fascination, attrait et répulsion. Elle réussit à mettre dans ses oeuvres des contenus sociaux et politiques, mais ne les met pas en avant comme des éléments militants. Certains matériaux (cheveux, fluides corporels,…) renvoient à notre humanité même.

Pour voir des oeuvres des années 2000 :  clicker ici ou clicker ici

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Mona Hatoum, 3-D Cities, 2008. Cartes imprimés, bois. 78 x 362 x 180 cm. Edition de/of 5 Courtesy Chantal Crousel. Photo credit: A. Osio © Mona Hatoum

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Mona Hatoum, Undercurrent, 2004, Electric cable, light bulbs, computerised dimmer unit, Diam. 950 cm, Photo credit: Mattias Givell, Courtesy Jay Jopling/ White Cube (London), © Mona Hatoum 2008.

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Mona Hatoum, « Suspendu », 2009-2010 40 balançoires en medium noir recouvert de stratifiées rouges, chaînes en acier, dimensions variables. Production MAC/VAL. Collection MAC/VAL, musée d’art contemporain du Val-de-Marne. Acquis avec la participation du FRAM Île-de-France. Photo © Jacques Faujour.

 Cette oeuvre a été créée à Vitry pour le MAC/VAL, cité accueillant nombre d’immigrés, situations en résonance avec celle de l’artiste. Une quarantaine de balançoires évoquent un monde instable, suspendu. Impossible pourtant de les mouvoir sans les fracasser. Chaque assise est gravée d’un plan de ville ou de capitale et retenues par de lourdes chaînes.

 

«Le premier abord avec une œuvre d’art est d’ordre physique, explique Mona Hatoum. J’aime que mon travail agisse à la fois sur les sens et sur l’intellect. Les significations, connotations et associations viennent après ce contact physique. C’est alors que fusent les idées et l’imagination.»

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Yael Bartana est une artiste plasticienne, vidéaste, photographe israélienne d’origine polonaise. Elle vit et travaille à Tel-Aviv et Amsterdam. Elle a représenté la Pologne à la Biennale de Venise 2011. La Pologne qui a mis en avant le thème du travail de l’artiste choisie et non sa nationalité. Et justement, ses travaux sont une réflexion sur l’identité, la nation, la communauté et l’engagement politique où elle déconstruit les discours propagandistes du Moyen Orient. (cf http://www.lepeuplequimanque.org), ceci en filmant des manifestations dans un style qui rappelle les films de propagande russe ou fasciste.

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Yael Bartana, installation view of Summer Camp, 2007, video and sound installation, 12:00 min.; Image courtesy of the artist; Annet Gelink Gallery,

Yael Bartana utilise donc le langage du documentaire. Dans Summer Camp (2007), elle filme deux semaines de travail du Israeli Committee Against House Demolitions (ICAHD), où des volontaires reconstruisent la maison d’une famille palestinienne détruite par les autorités israéliennes.

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Yael Bartana, tiré de la vidéo « une déclaration « , 2006. Un homme débarque sur une île et remplace le drapeau israélien par un olivier.

Elle bouscule les frontières entre fiction et réalité, passé et présent et crée un mouvement fictif, le mouvement de la renaissance juive en Pologne, qui demande le retour de trois millions de juifs en Pologne. Dans son tryptique, elle présente d’abord le discours d’un jeune activiste polonais exhortant les juifs à revenir en Pologne, puis l’édification d’un Kibboutz au centre de Varsovie et enfin les funérailles de l’activiste assassiné, lors duquel on entend les discours désespérés de quelques militants : « There is no chosen people. With one religion, we cannot listen; with one colour we cannot see; with one culture we cannot feel. We shall be strong in our weakness » (« Il n’y a pas de peuple élu. Avec une seule religion, on ne peut entendre. Avec une seule couleur, on ne peut voir. Avec une seule culture, on ne peut sentir. Nous devons être forts dans notre faiblesse. » )

Trois extraits du tryptique « …and Europe will be stunned » de Yael Bartana (2011):

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Yael Bartana, The Jewish Renaissance Movement in Poland (JRMiP)

L’antisémitisme semble persistant en Pologne, pays qui a pourtant subi le génocide de trois millions de juifs durant la Shoah. Le mouvement initié par l’artiste israélienne Yael Bartana, «The Jewish Renaissance Movement in Poland (JRMiP)» repose sur le projet, sans doute improbable, de faire revenir les juifs polonais d’Israël en Pologne.

YB2-300x188http://yaelbartana.com/

« This is a very universal story; as in previous works, I have treated Israel as a sort of a social laboratory, always looking at it from the outside. These are mechanisms and situations which can be observed anywhere in the world. My recent works are not just stories about two nations — Poles and Jews. This is a universal presentation of the impossibility of living together. » YB

Mona Hatoum et Yael Bartana, deux artistes multinationales, engagées dans une réflexion critique, artistique et politique en lien avec la situation inextricable et dramatique du conflit israélo-palestinien.

Conflit-Israelo-Palestinien-un-massacreRepères historiques :clicker ici

Comprendre les origines de la guerre à Gaza en… par lemondefr

  Que faire en Europe, comment participer (modestement) à la mise en oeuvre de la paix, du respect des droits de chacun? Se tenir au courant, aller sur place, être vigilant sur la provenance de nos achats, parrainer des palestiniens, adhérer à une association..

logohttp://www.france-palestine.org/

Vous y trouverez la pétition pour une protection internationale du peuple palestinien, des témoignages, des campagnes, missions et projets en Palestine, des parrainages, des actualités, des analyses, des dossiers explicatifs, etc.

Et le livre de Karine Lamarche, Docteure en Sciences sociales :

9782130618836

 Qui sont ces Israéliens qui prennent fait et cause contre l’occupation en passant de l’autre côté ? Qu’est-ce qui se joue dans leur rencontre avec des Palestiniens et dans leur confrontation à une armée qu’ils ont souvent considérée comme leur ? Comment expliquer que cet engagement imprègne souvent leur vie au point de devenir une part importante de ce qu’ils font, mais aussi de qui ils sont ?

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11 réponses à “Mona Hatoum (1952) / Yael Bartana (1970) § Conflit Israélo-Palestinien

    • Merci, Mona est une artiste très intéressante en effet et il y a bien plus à creuser sur son oeuvre. Yael, j’ai fait connaissance en cherchant une artiste israélienne. Le lien sur l’actualité est très basique, mais savoir comment on en est arrivé à cette horreur avec ce conflit est important je trouve.

  1. Pingback: News 2016 : New Tate Modern | CultURIEUSE·

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