Peter Doig (1959) § Visualisation créatrice

Peter DoigPeter Doig est un peintre de grand renom actuellement. Son travail des couleurs renoue avec la tradition picturale des grands artistes du XIXe siècle tels que Matisse ou Gauguin, dont il s’inspire ouvertement. La Fondation Beyeler (Bâle, Suisse) l’expose en ce moment aux côtés de Paul Gauguin .

23426_001 Peter Doig est né à Edimbourg (Ecosse) et a passé sa petite enfance à Trinidad (Cuba). A l’âge de sept ans, il vit avec sa famille au Canada, puis s’installe à Londres pour suivre la Wimbledon School of Art et la Saint Martin’s School of Art. Après quelques années à Montréal, il revient à Londres et étudie à la Chelsea School of Art. Depuis 2002, il vit à Trinidad.

Toutes les reproductions : copyright Peter Doig

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Peter Doig, « Concrete Cabin West Side », 1994 200 x 275 cm – huile sur toile – collection particulière, Londres

L’oeuvre ci-dessus représente l’unité d’habitation  de Briey-en-Forêt bâtie par Le Corbusier en 1960. On y voit, comme dans plusieurs tableaux de Peter Doig, une habitation engloutie par la nature ou est-ce le contraire?

Peter Doig semble fasciné par les grands espaces et les rapports de l’homme avec la nature indomptable. Il y recherche l’authenticité et l’inspiration. Les environnements qu’il représente ne sont jamais peints en plein air. Il s’appuie en effet sur des souvenirs, des photos, des films, d’images télévisuelles. Le canoë qui revient plusieurs fois dans son travail provient d’un film (d’horreur) vu avec son père, ainsi que de la couverture d’un disque des Allman Brothers.

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Peter Doig, « 100 years ago », 1998, 229×359 cm, Centre Pompidou, Paris.

«Les gens aiment ce type d’accroche, ils aiment penser qu’on s’inspire de film d’horreur. En fait, c’est le moment le moins terrifiant du film. Hors contexte, ça s’apparente plutôt à une sorte de rêverie romantique.» – Peter Doig

La cote de cet artiste a atteint des sommets dès les années 1990 et l’oeuvre ci-dessous s’est vendue trois fois le prix de la maison d’architecte représentée !

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Peter Doig, « The Architect Home in the Ravine », 1991, huile sur toile.

Les références à l’histoire de l’art et les influences des peintres sont très présentes. Les artistes ont influencés notre regard sur la nature, comme le dit Oscar Wilde , et la peinture de Peter Doig soulève le voile de notre mémoire en même temps qu’elle offre son mystère à notre propre interprétation. Il dit voir la peinture de Monet à travers un blizzard et il a la faculté de transcrire cet héritage de sa façon personnelle et magistrale. Mémoire, collage, composition contribuent à ajouter à la magie énigmatique de l’oeuvre. Celle-ci provient d’une photo de son frère :

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Peter Doig, « Blotter », 1993, 249 x 199 cm – huile sur toile. Cette toile fut la première à remporter un prix.

Peter Doig produit peu de tableaux et ceux-ci lui sont source d’un travail intense pouvant quelquefois durer plusieurs années. Un tournant de sa carrière se situe en 2002 lors de son installation à Trinidad, région où il a vécu sa petite enfance. La toile ci-dessous a été peinte avant son départ, la suivante, représentant au fond l’île de Carrera, une île prison, lui fait écho.

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Peter Doig, « House of Pictures », 2000-2002, huile sur toile,195×295 cm, Collection David Teiger

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Peter Doig, « House of picture », 2004 Huile sur toile 200 x 301 cm, Collection Gayle et Paul Stoffel

Entre les images de Hopper, de Munch, et d’autres, Peter Doig se nourrit des artistes qu’il aime pour développer sa vison. En voici un exemple rappelant la peinture cloisonnée de Paul Gauguin, mais ici Peter Doig s’est inspiré d’une photo de match de cricket à Trinidad.

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Peter Doig, « Paragon », 2006, Huile sur lin, 195 x 295 cm Collection Amy et Vernon Faulconer et Collection Rachofsky, Dallas

Le film ci-dessous, dont j’ai relaté quelques passages explicatifs de l’oeuvre de Peter Doig, est une conférence donnée par Stéphane Aquin, conservateur du Musée de l’Art Contemporain de Montréal et commissaire de l’Exposition « Peter Doig: Nulle terre étrangère » qui a eu lieu en 2014.

« Regarder le monde non à travers les yeux du peintre mais à travers ceux de la peinture » Peter Doig

Exposition Peter Doig à Venise au Palazzo Tito, espace de la fondation Bevilacqua La Masa (2015).

 Peter Doig s’inspire de l’histoire de l’art depuis le XIXe siècle. Il crée ses propres images du monde.

L’inspiration peut être assimilée à la grâce reçue par les chrétiens, une sorte d’intervention divine sur le souffle créateur de l’artiste. Elle peut aussi être issue d’une influence directe ou indirecte. La création n’est jamais libre de toute influence consciente ou inconsciente. Peut-on s’affranchir de ces influences ou plutôt est-il possible de les diriger?

visualisation_creative_headerLa visualisation créative se déroule entièrement à l’intérieur du cerveau humain et a pour but de marquer l’inconscient, le motivant à identifier les paramètres de son mieux-être afin d’attirer le meilleur de la vie. Avec la répétition, l’image, que le sujet s’autosuggère, s’imprime dans l’inconscient et est accepté à titre de « vérité », car celui-ci ne fait aucune différence entre l’expérience réelle et l’expérience intensément imaginée.

Cette théorie propose la méthode du collage (voir le lien ci-dessus): Il s’agit ici, de représenter de façon concrète, le tableau idéal en dessinant ou en réalisant un montage avec des images, des photographies, des phrases ou des lettres découpées dans des magazines, des livres, etc., puis de les coller sur un carton léger. 

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Peter Doig, « Bomb Island », 1991 Courtesy of Victoria Miro Gallery, London

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8 réponses à “Peter Doig (1959) § Visualisation créatrice

    • Merci! oui j’ai la chance de côtoyer des enfants chaque jour. Des clients souriants, c’est plutôt rare de nos jours! L’expo Doig est superbe, mais certaines toiles sont plus captivantes que d’autres .

  1. J’ai vu ce tableau « 100 years ago » , au Centre Pompidou, il y a maintenant bien des années, il m’a fasciné, je ne sais pas pourquoi, l’atmosphère, la solitude, cet homme qui nous regarde (j’ai longtemps cru que c’était une femme, sans doute voulais-je que ce soit moi) et qui agissait comme un reflet dans un miroir, et puis cette île au fond qui ressemblait à L’île des morts de Böcklin, enfin, j’y voyais ça. Longtemps j’allais au musée pour le voir, être face à lui, face à ce qu’il me disait, aller là où il m’emportait. Je crois qu’il n’est plus exposé en ce moment. Je l’avais cherché un jour sans le retrouver où mon attention fut attirée par ailleurs, je ne sais pas. Mais peut-être l’ai-je revu depuis… Je voudrais tant qu’il y ait une exposition de Peter Doig à Paris avant que je parte définitivement.

    • Oui, je le trouve fascinant moi aussi et l’expo chez Beyeler m’a marqué. Son univers est unique et universel à la fois, entre réalité et onirisme. Ce sont les oeuvres ambivalentes qui me plaisent le plus souvent. Il y a 2 ans, Doig était exposé à Venise. Sauf en Afrique ou Asie, tu devrais trouver l’occasion de voir une expo lui étant consacrée.

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