Fabienne Verdier (1962) § improvisation musicale

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Fabienne Verdier est une artiste peintre née à Paris. Après avoir étudié à l’Ecole supérieure des beaux-arts de Toulouse, elle part en Chine pour tenter de comprendre les secrets de l’art du trait en peinture. L’omniprésence du Parti rend difficile sa recherche de contact avec les grands maîtres de la calligraphie. En effet, la Chine des années 80 sort tout juste de la Révolution Culturelle. Elle fréquente le Sichuan Fine Arts Institute et y étudie la peinture, la philosophie et l’esthétique. Elle trouve finalement un Maître chinois qui l’initie à l’art pictural et calligraphique. Elle est donc une des dernières détentrices de ce savoir ancestral. Elle reste dix ans en Chine et raconte cette expérience dans le livre « Passagère du silence » publié en 2003.

36348135On enrichit sa peinture en vivant pleinement l’humeur du jour. Le peintre ne copie pas la nature, mais elle est sa révélation première; il en restitue les traits, les états, l’ossature. Un brin d’herbe est source de connaissance. Il apprend la ligne drue, coupante, dense. La danse de l’oiseau en vol indique comment se déployer, prendre son élan, piquer vers le sol. »FV

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Fabienne Verdier et Maître Huang Yuan (1984-1989)

Après avoir exposé en France, sa première exposition à la Galerie Alice Pauli à Lausanne date de 2005. Son travail est à voir dans cette galerie jusqu’au 25 juillet 2015 (L’oeil écoute).

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Fabienne Verdier, « Rameau d’hiver animé par le ciel », 2004 Série : « Essence végétale » Ink, pigments and varnish on canvas, 46 × 40 cm

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Fabienne Verdier, Carnet d’atelier B, 2011 Hommage au Diptyque du Calvaire de Rogier Van der Weyden Double page 7-8, 21 × 29,5 cm

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Fabienne Verdier, Fresque Torlonia, Opus I, 2010 Installation of two frescos in the Palazzo Torlonia, Rome Ink, pigments and varnish on canvas, 407 × 763 cm

Fabienne Verdier peint maintenant avec des outils de son invention, tel cet immense pinceau, mu par un palan qu’elle dirige avec un guidon et qui est constitué de trente-cinq queues de crins de chevaux.

Par la liberté de sa gestuelle, Fabienne Verdier est proche des expressionnistes abstraits. Elle s’en différencie cependant par le lien qu’elle tient à garder avec la réalité. La durée, le temps de la traversée de la toile est alors comme une métaphore de la vie (d’après Daniel Abadie qui signe l’accrochage de Lausanne).

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Fabienne Verdier, « Paysage d’hiver I », 2013 Ink, pigments and varnish on canvas, 183 × 135 cm

 

Fabienne Verdier, « La Faille », 2014. Installation of a monumental painting in Majunga Tower, La Défense Ink, pigments and varnish on canvas (12 × 8 m).

Ma peinture est certainement d’essence musicale, Pour moi, il y a une même pratique du principe interne lorsque je donne vie au chant et lorsque je donne vie au trait. FV

En 2014, elle est invitée en résidence à la fondation Juilliard (New York) pour explorer le lien entre la peinture et la musique lors de l’acte de création cliquer ici. « Je peignais, les musiciens composaient, mais nous n’avons pas traduit nos langages, nous ne les avons pas superposés, nous avons laissé naître intuitivement un métalangage.»FV

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Le triptyque de Fabienne Verdier « Energy Fields » inspire des compositeurs.

La galerie lausannoise propose une vidéo sur laquelle on peut voir Fabienne Verdier travailler avec le violoncelliste Darett Adkins. Une recherche fascinante produite cette fois avec un matériel plus léger. La peintre et le musicien tenant compte, l’une du son et l’autre de la transcription visuelle, l’improvisation qui en découle évoque la communication.

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Vue de la galerie Alice Pauli avec des oeuvres de Fabienne Verdier.

L’improvisation musicale et la composition musicale sont deux actes créateurs qui sont pourtant très différents. La première pourrait s’assimiler à une performance en temps réel. Elle n’est pas dépourvue de règles sauf si l’on parle d’improvisation libre. Elle nécessite une technique instrumentale de haut niveau. L’improvisation constitue l’aspect le plus important du jazz. Les musiciens improvisent sur la mélodie ou sur les accords qui sont les structures sur lesquelles ils tissent des liens harmoniques. Laisser naître un langage…

Pour les lecteurs mélomanes, voici en lien la thèse de Marc Sabatella : Principes d’improvisation en jazz.

Ci-dessous une improvisation de John Coltrane intitulée Blue train et datant de 1957. Un de ses album les plus populaires.

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2 réponses à “Fabienne Verdier (1962) § improvisation musicale

  1. Bel article et jolie tentative d’explication de l’improvisation dans la musique. Je suis sûr que des lecteurs avertis auront d’autres suggestions à vous proposer. Merci de toute façon. 🙂

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