Madeira / Casa das Mudas

du-pico-do-arieiro-(1-818-m)-au-pico-ruivo-(1-862-m)-(madere)_4182639-XLL’archipel de Madère (Madeira en portugais) est composé de l’île du même nom et plusieurs autres îles de plus petite taille. C’est une région autonome de la République du Portugal dont la capitale est Funchal. Alors inhabitée, les premiers navigateurs portugais abordent l’île en 1351 et la colonisent vers 1420.

Ses reliefs et sa végétation luxuriante font de Madère une île touristique fort attrayante. Il faut juste avoir de solides articulations pour parcourir ses innombrables sentiers de randonnée. Ceux qui longent les levadas (canaux d’irrigation qu’en Suisse nous appelons bisses) sont d’un abord agréable puisque quasiment plats.

Le climat subtropical permet un développement végétal exceptionnel. Les sommets montagneux accrochent l’humidité et restent fréquemment brumeux à seulement quelques kilomètres de la côte ensoleillée et propice aux terrasses de cafés.

Le littoral rocheux et abrupt n’engage pas à la baignade, sauf dans les quelques endroits aménagés, mais il offre un panorama remarquable, riche et varié.

Ne pas oublier la lampe frontale pour franchir les quelques tunnels, parfois assez longs, qui jalonnent les randonnées!

DSCN6698Séjournant à Calheta, j’ai eu la surprise d’y découvrir un musée d’art contemporain portugais d’une architecture particulièrement sobre et moderne. Le centre Casa das Mudas conçu par l’architecte Paulo David, est un magnifique espace d’exposition et une vaste zone de manifestations culturelles.

DSCN6919Les oeuvres présentées lors de ma visite étaient exclusivement portugaises. Un petit tableau de l’artiste Maria Helena Vieira da Silva (1908-1992), importante figure du mouvement du paysagisme abstrait,  accueille le visiteur dès l’entrée. Cette artiste née à Lisbonne sera naturalisée française en 1956.

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Maria Helena Vieira da Silva, « Chants », 1971 Tempera sur papier marouflé sur toile. (N’ayant pas obtenu une bonne photo de celui exposé au Mudas, celle-ci vient du net).

Quelques oeuvres qui expriment une grande diversité, autant par les techniques que par l’esthétique, de Lourdes Castro, née en 1930 à Funchal, chef-lieu de Madeira. Une plasticienne dont le trajet artistique va de l’abstraction lyrique au pop art en passant par le nouveau réalisme.

La très sereine installation de Graça Pereira Coutinho (1949) qui invite à la méditation sur le temps du passage sur terre, avec une figure christique face à un monticule de cendres.

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Helena Almeida (1934, Lisbonne) propose des compositions d’une grande finesse, alliant la photographie au fil de la brodeuse par une délicate transparence, elle ouvre l’espace du tableau en créant une illusion de profondeur.

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Helena Almeida, « Desheno Habitado », 1977

Les quelques travaux (calligrammes) exposés, d’Ana Hatherly (1929-2015, Porto), poète, écrivain, essayiste, plasticienne et cinéaste, offrent de véritables poèmes visuels.

Ana+Hatherly,+lembras-te+quando+era+tudo+diferente,+1975

Ana Hatherly, « Lembras-te quando era tudo diferente », 1975.

Oh, mais il y avait aussi des artistes hommes! Dont Filipe Rocha da Silva (1954) qui plonge le regardeur dans le monde cellulaire de l’infiniment petit démultiplié. (Désolée pour les couleurs qui sont mal rendues par la photo, faites un tour sur son site).

Une sculpture fascinante aussi, dont je n’ai hélas pas relevé le nom de l’auteur, posée sur un miroir, qui en accentue les strates voluptueuses.

Après les randonnées, une escale à Funchal (funcho=fenouil), la grande ville de l’île, où les portes sont tout à fait originales dans le quartier historique de Santa Maria Maior. Le projet, commencé en 2011, d’inviter des artistes de Street Art à les peindre a en effet redonné vie à l’endroit.

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Et s’il pleut, chose courante mais brève sur cette île verdoyante toute l’année, un passage au musée de l’Art Sacré permet d’y découvrir des splendeurs portugaises et flamandes du XVe au XVIIe siècles.

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Sainte Cène, école portugaise, XVIIe siècle.

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11 réponses à “Madeira / Casa das Mudas

  1. Je ne savais rien de Madère,aucune image dans mon esprit…Merci pour ce beau voyage, intelligent comme toujours et sensible. ça donne envie d’ aller voir ça de plus près ! Je n’y avais jamais même pensé ! Merci encore !!!!

  2. Merci pour ce savant mélange d’art et pays(ages) …. J’y étais en 2009 – avec en plus une semaine de Lisbonne, semaine de rando qui m’avait enchanté …(nos randonnées se sont limitées à la moitié est de l’ile…. triangle Funchal, Santana et le point culminant de l’ile…

      • Oui – nous y étions avec une troupe de 10 amis (avec un guide formidable de Terre d’av’ qui a fait se pâmer toutes les filles du groupe….- beau, intelligent et tout…. et il nous a permis de faire souvent des chemins de traverses… pour bien profiter des divers zones….

  3. Waouh ! ça grimpe dis donc ! Mais comme souvent en rando, la récompense est au sommet . Je partage l’avis des ami(e)s, comme toujours bel article, judicieux et heureux mélange d’art et de nature.
    Une destination à découvrir, donc. Et les courbatures, ça va ? 😉

  4. Une terre luxuriante et des artistes délicats. J’adore les oeuvres de Helena Almeida. Merci pour ce beau partage, excellente soirée 🙂

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