« Evidences du réel » à Pully § détournement d’images

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Le musée d’art de Pully invite l’historienne de l’art Pauline Martin, qui s’intéresse à la manière dont les artistes interrogent leurs pratiques du huitième art. Sous-titrée la photographie face à ses lacunes, cette exposition montre les travaux de réappropriation du matériau photographique par une quinzaine d’artistes. La réalité d’une photographie s’impose puisqu’elle semble être le reflet d’une situation de prime abord existante ou l’ayant été. Comment dès lors les démarches artistiques se démarquent-elles de la masse des photographies numériques circulant sur le net?

(Navrée pour les pitoyables photos personnelles qui ne rendent pas compte de la qualité des oeuvres)

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Simon Roberts (GB)

Que ce soient les négatifs d’archives perforés et récupérés de Bill McDowell (USA) ou les représentations de grands évènements médiatiques, repris par Simon Roberts, où n’apparaissent, comme cernés à la loupe, que les appareils de prises de vue, c’est de reconstitution d’images dont il est question, l’imaginaire du regardeur étant mis à contribution par association d’idées.

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Aliki Braine (GB)

Frustré par le morcellement de l’image, le spectateur n’accède pas à l’illustration originelle. S’interrogeant sur les parties laissées visibles, il est contraint de les observer en détail ou de reconstruire mentalement l’image fragmentée. Le spectateur devient alors acteur par la force du travail effectué sur la photographie.

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Bill McDowell (USA)

Le découpage minutieux de silhouette d’Hans-Peter Feldmann met en valeur les éléments qui constituent l’image par l’absence de l’élément central et par la même occasion lui octroie un sens quasi ésotérique. L’attention du regardeur se focalise ailleurs que sur le thème initial de la photographie.

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Hans-Peter Feldmann (D)

L’effacement de l’image est un geste artistique qui oblige à une recomposition. Elle est aussi une appropriation de l’oeuvre par l’intervention de l’artiste. La photographie trouée, effacée, grattée ou découpée devient alors unique et originale.

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Mishka Henner (B)

En reprenant la série de Robert Frank « Les américains« , Mishka Henner intervient sur les célèbres clichés en effaçant, il leur invente un nouveau sens de manière poétique. La poésie est en effet très présente dans les différentes oeuvres présentées à Pully.

Une des images publicitaires d’agences de voyage, récupérée par Corinne Vionnet pour sa série Away, devient une installation invitant à la rêverie jusqu’à ce que l’on réalise que la multitude de perforations qui laissent passer la lumière évoquent une foule de baigneurs ou même de hideuses architectures côtières.

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Martina Bacigalupo (I)

La profusion d’images sur internet, devenue déchets, permet une réinterprétation esthétique qui questionne ou poétise. En Ouganda, Martina Bacigalupo a récupéré les chutes d’un studio de photographe professionnel qui dévoilent le contexte et l’intimité des modèles. Donner à voir en cachant permet de donner lieu à plus de curiosité. Eric Baudelaire reprend des clichés suggestifs grattés par la censure japonaise.

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Eric Baudelaire (F)

La feuille végétale remplaçant le papier photographique évoque la vulnérabilité de ce support friable. Les négatifs anonymes, imprimés sur ces feuilles par Rebecca Bowring, surprennent par leur délicate beauté qui nous relie à la fragilité de la vie.

De passage à Pully, près de Lausanne, ne manquez pas de visiter son musée d’art qui propose de très intéressantes expositions dans un espace privilégié. Ouvert du mercredi au dimanche, 14-18h.

L’apparente évidence d’un document photographique est-elle toujours la preuve de sa réalité? Les détournements de photos et de vidéos sont légions sur les réseaux sociaux. Il vaut donc mieux vérifier leurs sources et ne pas systématiquement croire ce qui parait évident. Des pistes ici :

capture-decran-2017-02-26-a-19-16-09Les Observateurs est un site en quatre langues (français, anglais, arabe et persan) et deux émissions participatives de France 24 (une hedbo et une mensuelle). Nous couvrons l’actualité internationale au travers des témoignages directs d' »Observateurs », c’est à dire de ceux qui sont au cœur des événements. Vidéos, textes, photos : tous les contenus publiés sur ce site viennent d' »amateurs », mais ils sont sélectionnés, vérifiés, traduits et expliqués par des journalistes de France 24. Les Observateurs

Info du jour : l’outil de vérification collaboratif nommé Crosscheck qui vient d’être lancé est destiné à aider les citoyens à savoir à quoi et à qui se fier dans les flux des réseaux sociaux, des recherches sur Internet et des actualités, au cours des prochains mois. Facebook soutiendra cette initiative par des outils et un effort d’éducation à l’information sur sa plate-forme.

Ou alors se référer à des sites professionnels au-dessus de tout soupçon!

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Diaporama du 17 au 24 février 2017 (Courrier International). Photo Shammi Mehra/AFP

 

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2 réponses à “« Evidences du réel » à Pully § détournement d’images

  1. Tu peux ne pas être satisfaite de tes clichés, mais c’est toujours un régal de lire et de voir ce que tu nous ouvres en partage. Un grand merci, très touchée par cet article 🙂

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